Alors la Poésie est venue

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Alaric

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !

Une charogne.
Charles BAUDELAIRE
Alaric

On a faim dans la chambrée -
C'est vrai...
Émanations, explosions. Un génie :
« Je suis le gruère ! » -
Lefêbvre « Keller ! »
Le génie « Je suis le Brie ! » -
Les soldats coupent sur leur pain :
« C'est la vie ! »
Le génie. - « Je suis le Roquefort ! »
- « Ça s'ra not' mort !... »
Je suis le gruère
Et le Brie !... etc.

Rêve
Arthur Rimbaud
Alaric

C'est ma mère, monsieur, avec ma fiancée.
Elles passent là-bas, l'une à l'autre pressée.
La jeune m'a giflé, la vieille m'a fessé.

Je vous jure pourtant que je les aimais bien ;
Mais, constamment, j'avais le besoin bénin
D'exiger trop d'amour : ses larmes et son sein.

Je vous jure, monsieur, qu'elles m'ont bien aimé.
Ça n'est certes pas leur faute à toutes deux
Si sans cesse je voulais être plus heureux.

C'est ma mère, monsieur, avec ma fiancée.

Pour moi, elles ne sont qu'un même être et leurs charmes
Sont égaux ayant fait verser les mêmes larmes :
Ma mère a pleuré sur moi, qui sanglotais

Pour l'autre, refusant d'être à moi tout à fait ;
Je ne sais pas lequel de nous trois fut blessé...
C'est ma mère, monsieur, avec ma fiancée.

Le fou parle
Paul Éluard
Alaric

Il est certain que l'on meurt de toi ... Ana.
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CellarDoor
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Autant qu'on trouve un soir en quelque part
S'y retrouvant, s'y tard qu'on s'y retrouve
Point quelque part pour en faire l'apart
De nonobstance entre des yeux de louve.
Sont-ce du vôtre ou du feu qui s'amène
Le pur vertige à deux côtés des cartes
Un soir des soirs gardant les mêmes mitres
Autant que peu dans ma ronde s'y prenne !
Pour ostensoir d'animales odeurs
Rien réfléchies sous leurs fins de lumière
Baignons-en les, l'une et l'autre servile.
Là restons-en à fixer deux aisances
Pris pour leur point d'Amours inaccessibles
S'en finissant dans tout ce qui commence

Olivier Larronde
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Alain57
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Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Demain, dès l’aube…
Victor Hugo
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suffragettes AB
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Le poème du joug

Les femmes de mon pays portent un joug sur leurs épaules.
Leur cœur lourd et lent oscille entre ces deux pôles.
À chaque pas, deux grands seaux pleins de lait s'entrechoquent
contre leurs genoux ;
L'âme maternelle des vaches, l'écume de l'herbe mâchée
gicle en flots écœurants et doux.
Je suis pareille à la servante de la ferme;
Le long de la douleur je m'avance d'un pas ferme;
Le seau du côté gauche est plein de sang;
Tu peux en boire et te gorger de ce jus puissant.
Le seau du côté droit est plein de glace;
Tu peux te pencher et contempler ta figure lasse.
Ainsi, je vais entre mon destin et mon sort;
Entre mon sang, liquide chaud, et mon amour, limpide mort.
Et lorsque je serai sûre que ni le miroir ni le breuvage
Ne peuvent plus distraire ou rassurer ton cœur sauvage,
Je ne briserai pas le miroir résigné ;
Je ne renverserai pas le seau où toute ma vie a saigné.
J'irai, portant mon seau de sang, dans la nuit noire,
Chez les spectres, qui eux du moins viendront y boire.
Mais avec mon seau de glace, j'irai du côté des flots.
Le gémissement des petites vagues sera moins doux que mes sanglots ;
Un grand visage pâle apparaîtra sur la dune,
Et ce miroir dont tu ne veux plus reflétera la face calme de la lune.

Marguerite Yourcenar

Délivrance d' Andromède

L'eau ne vêtirait plus ce corps à sa mesure.
La clairière l'absorbe autant que le miroir
Mais des griffes ont fait, au ventre, une blessure
Qui tache de son sang le tissu d'un mouchoir.
De la main relevant, sur son front, une mèche,
Andromède s'éloigne et franchit les taillis
Comme un fauve portant, dans sa chair, une flèche
Qui lui dicte sa route à travers les pays.
La sueur et la salive ont souillé son visage
Mais la joie envahit ses sens et son esprit.
Jamais plus, de la nuit descendant les étages,
Des spectres ne viendront l'épouser dans son lit.
Adieu
Sabine, adieu
Rosemonde,
Hyppolite,
Vers des lieux différents le soir vous précipite.
Andromède, livrée à sa propre fureur,
En elle apaise enfin sa soif et sa fatigue.
L'espace grand ouvert accueille, sans erreur
Et sans retour, pour cette fois, l'enfant prodigue.
Andromède s'en va et joint au crépuscule
Qui soulève, dans l'ouest, un funèbre océan,
Le sang de sa blessure où son ombre bascule,
Proie offerte aux baisers des nains et des géants.
Andromède s'en va.
L'endroit qu'elle abandonne,
Endroit où son destin s'efface et fut tracé,
Est marqué par le jet d'une blanche colonne.
Plus loin le monstre fuit.
Le ciel est dépassé.

Robert Desnos

Connais-toi ta solitude

Ma main de gloire joue sur les fils de la vierge
La nuit est une grande lyre mélodieuse
Ma musique brûle l’ombrage des arbres mortels
Ma musique brûle d’accord avec l’eau
J’apporte ma flamme au cœur de la glace
Cristal silencieux de ma solitude
Libéré mon ombre mon reflet morts avec les feuillages
Je suis seul
Au bord d’une mer de lait où nagent des poissons fraternels
Mon sang perpétuel connaît sa profondeur
Pour aimer il faut être deux
L’amour est une grande solitude
Étoile de mer la femme est une eau méditative
Prisonnier des places des plaines multiples
J’ai fui en moi le monde
Bel espace restauré grandeur nature
Le monde lieu commun
Lieu humain
Chacun son centre intime égal à l’un à l’autre
Du pareil au même on va on vient
Tels qu’en nous-mêmes en fin de quête
La vérité nous baigne tout nus dans notre nudité rayonnante
Mille fois plus seul de se regarder dans les yeux
Et de s’y retrouver au fond du puits
Puits de science intime
Je suis si vaste d’être seul
Je me croirai multiple
Femme ton corps est une lune rousse
Ta nuit une gelée blanche
Ton corps de tous les jours est un matin
Mais tu es toutes les pluies de la mer
Et pour cela je t’aime
Aimant la nuit.

Stanislas Rodanski

A tes côtés
"Quand tu seras perdu en mer quand tu chercheras la lumière dans la tempête
Pour aller voir l’autre côté
Que cette étoile aura cramée
Qu’il ne restera pour briller dans le ciel noirs de nos amours faut pas lâcher
Quand déborderont les rivières sur tous les fards de tes paupières
Au fond des mers quand le cargo aura coulé
Oui quand se noieront nos paupières au confluent des mortuaires
Tu sais la vie me mènera à tout jamais
A tes côtés."

Anatoline
"quand soudain la tempête
En tes yeux dit tout bas : prends-moi dans l’océan
Qui jaillira de moi pour faire de toi l’aimant
Qu’en papillons de lune là dans le clair-obscur
Nous nous réincarnions pour soigner la blessure
Et que l’étreinte nous mène bien plus loin que nous-mêmes
Pour que soudain la peine se transforme en je t’aime"

Varsovie
Ami, toi d'un autre pays
Je te suis amoureux
Le jour se lève
Sur la campagne morte
Un vieux cheval fou
Me parle un peu de loin
Parfois, je rêve que je suis Jivago
Et qu'elle m'attend là-bas
Sous le vol des corbeaux"

J'hallucine
N'aie pas peur
Quel que soit le combat, tu te relèveras
Du royaume des morts, dragons et mauvais sorts,
A la force de l'âme, sous le chant du chaman,
Tu vaincras
Si tu crois
Dans tes yeux,
Y'a la flamme
Y'a le feu
Qui ne s'éteint pas.

Damien Saez
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suffragettes AB
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ptitboutdepoesie
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J'adore ce sujet sur la poésie :inlove:

Titre : Séparation
Poète : Auguste Angellier (1848-1911)
Recueil : Le chemin des saisons (1903).

Ainsi donc tu t'en es allée ;
Tu suivis, sans te retourner,
La pâle et jaunissante allée
Qu'Octobre allait découronner !

Je vis s'éloigner ta démarche,
Qui vers moi se hâtait jadis ;
Mes yeux, plus tristes à chaque arche
De rameaux déjà déverdis

Dont allait s'accroissant l'espace
Qui nous séparait pour toujours,
Admiraient cependant la grâce
De ton corps souple aux fins contours.

Ô doux corps de lait et de neige,
Toujours languissant et frileux,
Toujours priant qu'on le protège,
Doux corps d'albâtre lumineux,

Ô doux corps, digne du Corrège
Par l'exquise et molle lueur
Qui vêtait, comme un sortilège,
Sa grâce lente et sa blancheur !

Il s'éloignait hors de moi-même,
De mes bras déserts évadé,
Me laissant un front toujours blême
Un cœur toujours dépossédé.

Tu marchais la tête penchée ;
Le regret, peut-être, un instant,
De notre tendresse arrachée,
Ralentit ton pas hésitant ;

Et peut-être même une larme
Tremblait-elle en tes chers yeux bleus,
Au moment où mourait le charme
Dont nous aurions pu vivre heureux !

Ah ! peut-être un regard rapide,
Un seul, t'eût remise en mes bras,
Et rendue à mon cœur avide ;
Mais tu ne te détournas pas !

Tu marchais la tête penchée,
Sur le jaune et fauve tapis
Dont l'avenue était jonchée,
Sous les grands ormes assoupis ;

Je t'ai jusqu'au bout regardée
Dans la brume et dans le lointain,
Voyant ta forme dégradée
Flotter dans l'air plus incertain,

Jusqu'à l'âpre minute obscure,
Où, dernier adieu des adieux,
Le point d'or de ta chevelure
Mourut dans les pleurs de mes yeux.
~
"Un jour viendra, nous aurons des rêves à nouveau. Et le cœur vierge de tout passé nous ouvrirons les yeux sur un nouveau monde..."
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ptitboutdepoesie a écrit :
14 juin 2020, 08:51
Je t'ai jusqu'au bout regardée
Dans la brume et dans le lointain,
Voyant ta forme dégradée
Flotter dans l'air plus incertain,

Jusqu'à l'âpre minute obscure,
Où, dernier adieu des adieux,
Le point d'or de ta chevelure
Mourut dans les pleurs de mes yeux.
[/i]
Magnifique final !

La suite:
Auguste Angellier a écrit :Séparés dans la vie

Ainsi nous resterons séparés dans la vie,
Et nos cœurs et nos corps s’appelleront en vain
Sans se joindre jamais en un instant divin
D’humaine passion d’elle-même assouvie.

Puis, quand nous gagnera le suprême sommeil,
Ils t’enseveliront loin de mon cimetière ;
Nous serons exilés l’un de l’autre en la terre,
Après l’avoir été sous l’éclatant soleil ;

Des marbres différents porteront sur leur lame
Nos noms, nos tristes noms, à jamais désunis,
Et le puissant amour qui brûle dans notre âme,

Sans avoir allumé d’autre vie à sa flamme,
Et laissant moins de lui que le moindre des nids,
Tombera dans la nuit des néants infinis.
La lutte elle-même suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
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ptitboutdepoesie
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J'avais aussi "flashé" sur ce final et, en particulier, le dernier vers.

Très beau poème aussi que "Séparés dans la vie", bien que terriblement triste.
~
"Un jour viendra, nous aurons des rêves à nouveau. Et le cœur vierge de tout passé nous ouvrirons les yeux sur un nouveau monde..."
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ptitboutdepoesie
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Loin de toi.
Poète : Etzer Vilaire
Recueil : Les années tendres (1907)

Loin de toi, c'est la nuit,
C'est la nuit triste et sombre,
Et mon cœur plein d'ennui
S'ensevelit dans l'ombre.

Loin de toi, tout fléchit :
Mon espoir, mon courage ;
Loin de toi, mon esprit
Se voile d'un nuage.
~
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Meduse
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Allégorie

C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remord.

Charles Baudelaire
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Rrose Sélavy
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Inscription : 26 janv. 2020, 20:48

Karawane

Jolifanto bambla o falli bambla
Großiga m’pfa habla horem
Egiga goramen
Higo bloiko russula huju
Hollaka hollala
Anlogo bung
Blago bung blago bung
Bosso fataka
Ü üü ü
Schampa wulla wussa olobo
Hej tatta gorem
Eschige zunbada
Wulubu ssubudu uluwu ssubudu
Tumba ba-umf
Kusa gauma
Ba-umf

Ugo Ball
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ptitboutdepoesie
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Inscription : 04 juin 2020, 12:52

Fleurs
par Arthur Rimbaud

D'un gradin d'or, — parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, — je vois la digitale
s'ouvrir sur un tapis de filigranes d'argent, d'yeux et de chevelures.

Des pièces d'or jaune semées sur l'agate, des piliers d'acajou supportant un dôme d'émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose
d'eau.

Tels qu'un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.
~
"Un jour viendra, nous aurons des rêves à nouveau. Et le cœur vierge de tout passé nous ouvrirons les yeux sur un nouveau monde..."
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