L'anorexie des jours ou boulimie des nuits

A l'heure de la guerre, des champs d'horreur, faire de la terre un champs de fleurs.
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Peb
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Des kilomètres défilent.

Non,
ne vous attendez pas à être derrière une vitre poussiéreuse, à observer d'autres conducteurs, ou encore au point de vue d'un narrateur sous une visière embuée par son souffle.

Non,
ne vous attendez pas à la lumière des phares qui s'amusent à se réverbérer dans les rétroviseurs, arrachant le pénible à l’œil et gravant la distorsion lumineuse.

Des kilomètres sur des semelles qui s'usent.

Chemins de campagnes.

Boues stagnantes, béton impacté des roues agressives des tracteurs.

Des chiffres, des panneaux, des noms de villages, voilà l'anorexie des jours.
Quand le confort moderne rétrécit pour n'être qu'une retrouvailles douloureuse avec soi-même; avec son propre corps, avec son propre regard.

Apercevoir à l'horizon l'arrivée sans qu'elle soit proche, toujours sur les mêmes sillons que d'autres ont tracés.

Le narrateur, sous un bonnet noir d'un coton bon marché avance au pas lourd, dans ce que d'autres poètes ont appelés " vent mauvais ", mais c'est ce qu'il se dit lui, c'est ce qu'il se murmure sur les ondées invisibles, ce n'est pas le vent qui est mauvais mais l'humeur de celui qui porte son avis sur la respiration des Terres.

Il observe les lettres onduler sur l'étang du Chêne Moqueur, car il le sait, lui, que le vent parle.

Regardez le converser avec les arbres, quand l'écorce craque et que les râles des centenaires s'enfuient sur son parcours.
Regardez encore l'eau poussée en vagues contre les berges poreuses, rendues vivantes et attirées par l'odeur de la mer, pourquoi ces gouttes ont-elles échouées ici ?

Dimanche de randonnée sauvage, le narrateur doit rentrer chez lui et quand il ne reste que les pieds pour faire avancer ce véhicule trop habitué à rester endolori, assis, depuis l'enfance, sur des chaises inconfortables.

Qu'il est bon pour lui de ressentir à nouveau l'appel des forêts, l'appel des forces intérieures.

Manteau noir, chaussures beiges, voilà deux jours qu'il traîne dans le même pyjama.

Deux cafés dans le ventre en guise de repas, le voilà parti affronter la distance à deux chiffres.

L'anorexie des jours se dessine.

Il porte un petit sac à dos, rempli d'affaires propres, mais il n'a trouvé l'utilité à se changer, pourquoi fuir ses propres odeurs quand elles ne sont que notre propre identité ?

Les convenances humaines vous pourriez lui répondre.
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E.L
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Le lecteur se souvient de ces arbres qui parlent.
Ils en ont fait du chemin à travers ce beau narrateur.
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Peb
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" Tu la vois l'anorexie des jours ?

C'est quand les placards se vident, quand l'abondance laisse place à la désertification. Quand les cendriers se vident mégot par mégot pour donner vie à de nouveaux mégots, bien plus puants que les premiers. Parfums de cendres et de goudrons.

Tu la vois l'anorexie des jours ?

C'est quand le gras fond pour ne démarquer plus que le muscle fatigué, quand les joues se creusent. Quand la survie devient un jeu, jour après jour à rationner le peu des restes, bien plus minces que ceux d'hier. Goût de répétitions et de carences.

Tu la vois l'anorexie des jours ?

C'est quand il ne reste que le cœur pour donner motivation au corps, quand le mal de dos s'oublie pour marcher de nouveau vers un nouveau temple de la consommation. C'est quand on prie que le prix ne soit pas trop excessif. Toucher de bois creux et d'espérances.

Tu la vois l'anorexie des jours ?

C'est quand la vision se perd d'user le périssable jusqu'au delà des dates recommandées, quand les consommables passent plus vite que les calendriers. Reprendre l'autoroute de la course contre la montre, partir à l'heure avancée pour ne pas rater les fermetures.

Tu la vois l'anorexie des jours ?

C'est quand la voix est enrouée, quand le microphone gît comme un cadavre dans la pièce froide. C'est l'inspiration qui fait mal aux poumons, c'est le dépit d'une gorge qui doit se taire pour ne pas se blesser plus. Quand la gorge a des arrêtes tranchantes. "


Le narrateur se lève tard, jour de repos. Si vous pouviez voir l'état de son bureau, semblable à son mental, quelle peine vous auriez pour lui, lui qui sourit malgré les propres tombes pécuniaires qu'il se creuse seul.
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Peb
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L'anorexie du réveil, j'ai le sexe lève-tôt
L'esprit lève-tard moi la nuit j'pond des têtards de son
L'matin café pétard, feu d'artifices mon âme !

Ah le surréalisme c'est la maladie qui revient,
L'écriture comme un incurable, l'illusion d'un curare sur nos cellules
Vous pouvez gardez vos molécules, vos grosses tours de Babel

Je suis joueur d'atomes comme celui qui brise le silence du désert
De sa cithare
J'reste dans mes jardins suspendu aux prouesses que vous bâtissez

Le sens est mort ça fait longtemps, l'essence puisé, comme l'absence épuisée
L'or noir ou l'eau de vie de nos moteurs emballés
Du carton du plastique
Particules de notre passage
Des restes de lie au fond du verre
De la limaille dans nos gorges

Temps de limace les corps s’amollissent ils peuvent jouir de l'humidité d'un ciel
Mauvais mime j'fais l'clown dans mon existence pour redonner un peu d'humour
Les roses ne se plantent pas juste elles se flétrissent

Des pétales de mai, c'est des épines du humus des racines résistantes
Nous ne sommes que la digestion du monde

Microcosme de l'homme
Sur l'intestin des univers
Nous creusons la galerie et croquons la racine sans voir
Que c'est ce qui est dehors meurt
Dernière modification par Peb le 01 mai 2020, 17:26, modifié 1 fois.
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suffragettes AB
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Peb a écrit :
01 mai 2020, 14:05
L'anorexie du réveil, j'ai le sexe lève-tôt
L'esprit lève-tard moi la nuit j'pond des têtards de son
L'matin café pétard, feu d'artifices mon âme !

Ah le surréalisme c'est la maladie qui revient,
L'écriture comme un incurable, l'illusion d'un curare sur nos cellules
Vous pouvez gardez vos molécules, vos grosse tours de Babel
Je suis joueur d'atomes comme celui qui brise le silence du désert de sa cithare
J'reste dans mes jardins, suspendu aux prouesses que vous bâtissez

Le sens est mort ça fait longtemps, l'essence puisé, les sens sont épuisés
L'or noir ou l'eau de vie de nos moteurs emballés
Du Carton, du plastique
Particules de nos passage
Des restes de lie au fond du verre
De la limaille dans nos gorges

Temps de limace, les corps les plus mous peuvent jouir de l'humidité d'un ciel
Mauvais mime j'fais l'clown dans mon existence pour redonner un peu d'humour
Les roses ne se plantent pas juste elles se flétrissent
Des pétales de mai, c'est des épines du humus des racines résistantes
Nous ne sommes que la digestion du monde, microcosme de l'homme
Sur l'intestin des univers
<3
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Peb
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Euh

Comment dire ?

Attends, j'cogite, j'me roule une longue clope.

Ouais le narrateur vous parle à la première personne parfois.
J'vais pas faire mon césar, j'ai croisé Brutus.
Pourtant j'suis bien sorti d'un ventre et non d'une chatte, comprends que j'aime rentrer dans celles des mères !
Les mêmes qui s'amusent aux envolées lyriques, beautés des phrases d'une réalité contaminante.

Mais c'est le jeu, non ?

Balancer nos vies sous des déguisements de lettres, la vie des autres dans des alphabets orduriers.
Charnier des forums, tu m'avais manqué tout autant que la gerbe après la cuite.

Dans quelques jours ...

J'pète mon foie pour engraisser ma foi.
D'toute façon on est tous voués à mourir.
Suicide à petit feu, j'ai plus le courage de retomber en cendres d'un coup.

J'veux voir mon visage vieillir maintenant mais sans entendre crier ma chair.
Faites le moi dans le dos si vous voulez, je ne le reconnaîtrais pas!
Trop de tarées dans votre féminin.

J'veux prendre des rides. C'est ça la vie, c'est prendre des rides et puis continuer avec sa pensée, pot-pourri de nos inconsciences, j'veux voir comment mon esprit va tourner en putréfaction ou en oubli, quand j’appellerai mes chiennes alors qu'elles seront mortes déjà depuis quelques années...

Le plus affreux c'est de voir ce à quoi on tient s'barrer.
Quand on y tient moins, ou pas, on s'en fout en fait.

Le vide ne peut pas se juxtaposer au vide.

On ne peut pas aimer tout l'monde et puis les vampires...
Dents trop pointus quand ils sucent.

Journal d'un jeune dégueulasse, j'finirai en bukov' sans son talent mais son goût pour les jeunes chairs et l'alcool.
J'vaux pas mieux qu'un autre, clairement pas, regardes, j'louche à moitié dans le potage de mon existence, les morceaux de moi-même sont mal mixés faut que j'm'y mette mais là ce soir la lune me semblait pleine alors j'la rejoins pour vous faire des lectures curieuses.

Pas simple de rentrer dans Peb, même pas un doigt, y'a rien qui rentre!
Les idées farfelues, si, puis cet Amour inconnu que je serais prêt à cueillir pour semer les graines avec elle.

Et même si ce ne sont que des cailloux qui ne germent pas, j'te l'dis, on peut faire ricocher un monde à nous, d'un microphone à l'autre des drôles d'ondes magnétiques qui vont surgir !

Tu sens que tout vibre ?
La vie comme une corde déjà raide qui cherche à se tordre encore plus.
Ça pardonne pas quand ça va lâcher, c'est comme mon cœur, faudra pas être triste, même pas faire semblant, ça serait pas sympa pour les autres.

J'veux des grosses flammes pour être en cendres hein, j'le précise, puis être au pied d'un rosier pour donner vie à celle que j'ai jamais pu faire naître

Axelle si tu passes par là ...

Ma boîte de Pandore que j'ai dilapidé de mes bêtises, foutu coq qui chantait trop que j'étais !

J'suis bien dans ma basse-cours moi, j'me nourris de vers à même la terre, restez dans votre pigeonnier les cons à espérer qu'les hommes banquiers vous offrent quelques miettes pour réchauffer vos existences de glaçons d'eau croupie.
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goelandfou
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@Peb, s'tu me fais une ptite place ici, on mettra un filet anti p***** et on sera bien :arrow:
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Peb
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Prends la place que tu souhaites goéland, t'as pleins d'plumes, t'es libre d'écrire :)
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Peb
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Dès que ça se sent visée, ça disparaît, drôle ces bonhommes de femmes qui veulent portent la culotte mais qui aiment se faire déculotter.

Quel toupet le jeune ! le culot des propos !
Ni pape littéraire ni sainteté autre, qu'en quête lumineuse.

Et bien souvent le chemin est solitaire !

Deux mains, une pour écrire et l'autre pour ton imagination débordante

Tu peux arracher mes feuilles agrafées ensemble ou garder ça comme le souvenir d'un temps ancien.
" De mes disparitions "
C'état écrit, pour chacun, chacune, j'peux pas rester en place.
Tu peux ouvrir ces bribes de mes histoires, tu sais voir le fil toi je sais tu sais percevoir le langage des signes, la langue des singes.
Tu sauras les relier mais t 'es pas couturière , les mâles ça se coud, tellement yoyo nos couilles que nos envies vont et viennent jusqu'à ce que ça soit l'esprit qui déborde et pas le corps, ça suffit pas des agrafes pour retenir un homme puis lui il n'aime que les enlever ouais, pour téter le sein, prendre son colostrum avant d'affronter la vie et ses colosses d'argiles qui retourneront d'ici plus-bas.

Revenir au temps où amniotique, nous étions sur le palier du monde perdu, à l'intérieur du véhicule de Dieu.
Alors on exit sa vie pour, remue ménage de mai pour souffler les poussières sur la lentille du contact perdu, des poussées d'airs purs.

Méninges à trois en vue sur la côte d'un week-end d'ivresse, j'fais deux mouvement, avant arrière pour rester statique.

Électriquement vôtre.
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suffragettes AB
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Dernière modification par suffragettes AB le 09 mai 2020, 19:25, modifié 1 fois.
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goelandfou
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Peb a écrit :
07 mai 2020, 13:17
Prends la place que tu souhaites goéland, t'as pleins d'plumes, t'es libre d'écrire :)
Ouais mais j'ai pas d'encre :eek1:
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Peb
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L'encre c'est la motivation si t'en as ça coule tout seul :)
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Peb
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C'est plus moi qui mange la vie, c'est elle qui me mange.

Paraît qu'j'ai maigri.

Une bouche à la mano

Merci à l'être vampire qui m'a vidé de l'essence.

La flamme?

Bouah...

Ça crépite encore.

La faim arrive.

Quelques textes au bûcher, holocauste.

Des humeurs Tchernobyl.

Incandescence, je m'absence. À tenter.

Attentat chimique somnifère, nouvelle compagne.

On est bien en campagne.

Retour à la terre.

Déracinez vous.

J'y cours. Terrier. Alice? C'est toi?
J'étais qu'une chrysalide, y'a trop de lumière, dehors.

Je rentre à la maison.

J'éventre ma raison.

Irraisonnée, elle va manger froid.

Plus de chaleur à te partager. Je patauge.

Lettre à la porte sous la pluie, plus de boîte crânienne.

Mauvais calibre. Trépanation.
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Peb
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Pétard mouillé, du bison en poudre, le sang du taureau.

J'ai mis les gazs, et ouais, j'fais des pétarades dans ton âme alors tu n'a plus que des petits smileys à répondre comme un goût de vengeance, j't'ai dis j'te connais, j'te connais bien, mélange de fluides et d'ivresses, tu m'as pété le dos , littéralement et pas que.

Tu riais sans même chercher à comprendre, dès que c'est trop compliqué tu fuis ailleurs.

Moi c'est pas une fuite, j'ai juste pris la sortie, la sortie de pavés lancés qui m'empoisonnait, quand on prend trop de place dans ma vie j'me perd, quand on prend trop de place dans mon lit ça m'use.

Y'a des matins j'veux pas faire l'amour, paraît que ce sont les hommes les pires ! Ah, quelle méconnaissance de la nature !
J'ai pas des cycles en moi de mollusque à la recherche du premier galet gringalet qui passe pour oublier ses existences.

Puis ces tirades, oulipo, Rimbaud, quoi qu'est-ce ?


Tout prendre comme acquis n'est pas chose sereine, ni saine.

C'est pas que je t'ai baladé. Je ne suis pas de ces hommes-là.
Tu critiquais un poète... puis ta pote qui s'était fait avoir... aussi... Pas de la même veine d'écriture, pas du même groupe sanguin. T'as bien vu comment j'pars en vrille pour rien, d'toute façon on me l'a dit y'a trois lunes que j'étais dément, totalement en crise, taré, fou.
Instable ma belle, instable comme une branche qui n'attends qu'à s'arracher de sa base !
C'est pas que je t'ai baladé, c'est qu'on s'est promené ensemble, on a eu des croisements, des virages serrés où j'avais besoin de solitude et tu me le reprochais.

Pas du même monde, pas des mêmes responsabilités, pas des mêmes visions.

c'était chouette cet intime là, mais c'était que de l'infiniment perdu d'avance dans nos galaxies propres, mais que la mienne soit bien plus crade que la tienne !

J'suis pas qu'un gentil toutou, je sais mordre et t'as vu mes dents, ça s'infecte vite avec mes chicots pourris.

Ouais j'prends pas soin de moi, comment j'pourrais prendre soin des autres ?

J'bosse pas beaucoup mais dès que je rentre j'ai l'impression de ne pas avoir de vie, c'est pour ça que je ne veux pas de gosse.
T'aurais pu le garder, mais clairement que je ne l'aurais pas reconnu!

D'toute façon c'était que de l'imaginaire, j'peux pas y croire, j'veux pas y croire.

Ah, ps, ceci n'est pas une réponse, j'ai rien à dire en fait. J'écris du vide sur un sujet vide de sens.
J'fais du sens avec du rien, puis j'l'offre aux alcooliques d'Internet.

J't'en veux pas, clairement.

Tu m'as juste saoulé et j'suis trop souvent bourré pour accepter une deuxième couche, la vie s'occupe seule de me lessiver, pas besoin d'une femme en plus.
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Peb
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suffragettes AB
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Dernière modification par suffragettes AB le 15 mai 2020, 06:05, modifié 1 fois.
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