Les chants des révoltés

Partages sur la musique.
Avatar de l’utilisateur
---
Messages : 2195
Inscription : 13 déc. 2019, 21:31

La lutte elle-même suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
Avatar de l’utilisateur
Kaio
Messages : 556
Inscription : 18 nov. 2019, 09:50

<3
*NDNM*
Avatar de l’utilisateur
---
Messages : 2195
Inscription : 13 déc. 2019, 21:31

Wah putain, ça fait du bien par où ça passe

La lutte elle-même suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
noukadanslesnuages
Messages : 257
Inscription : 12 déc. 2019, 23:06

😁
Avatar de l’utilisateur
---
Messages : 2195
Inscription : 13 déc. 2019, 21:31

Spéciale dédicace à @Kaio

Une des rares reprise de Renaud de qualité



Ça change de la soupe habituelle :bear1:
La lutte elle-même suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
Avatar de l’utilisateur
Kaio
Messages : 556
Inscription : 18 nov. 2019, 09:50

Pepite du matin, de l'or entre les mains.
*NDNM*
Avatar de l’utilisateur
---
Messages : 2195
Inscription : 13 déc. 2019, 21:31

La lutte elle-même suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
Fleurette
Messages : 21
Inscription : 23 avr. 2022, 23:00

Faire poésie ?

Ce qui est petit est grand

Ne nous racontons pas d’histoires. Fondamentalement, le monde est sans parole. La
poésie doit faire preuve de modestie. Quelques gouttes de pensées, tout au plus. En
face ? Le roc, le réel, la quotidienneté, les salles d’attente à l’hôpital, la langue
profanée, la nature dévastée, l’invasion dégradante de la publicité, l’augmentation
du temps de travail...
Et pourtant...
Poésie ! le pouvoir repris sur soi, pouvoir de se retrouver, de ne pas périr noyé dans
les bavardages, de dire enfin ce qu’il y a à dire, même si c’est à soi seul.
Poésie ! qui permet à des gens qui ne se connaîtront jamais, séparés à cause du
temps ou de l’espace, de se parler comme s’ils se connaissaient depuis toujours.
Poésie ! le chas de l’aiguille par où passe la main tendue, celle du bonjour, celle des
adieux, le minuscule bonheur de vérifier comme nous sommes semblables dans nos
misères, nos regrets, nos joies : nos en-vies. Egaux, aussi, en dignité. Dignité de dire
non au monde tel qu’il va. Refus de la fuite en avant et de la déesse vitesse.
Un beau poème, même le plus sage, le plus discret (celui qu’on garde pour soi) sera
toujours une dissidence. Protestation contre les puissances établies, coup de frein à
la locomotive vide et folle qui nous emmène à la catastrophe... D’où, parfois, pour
les poètes, les interrogatoires pressants, les manuscrits déchirés, l’isolement, les
bannissements, toutes sortes de cellules et de camps infects.
Poésie ! miracle pouvant à tout moment disparaître, sans dommages sérieux infligés
aux astres. Exigeant donc qu’on se batte en sa faveur. Parce que « la poésie est plus
importante qu’on ne croit ». Jacques, mon ami l’a dit. Je le lui accorde bien
volontiers. J’ajoute : les poètes sont plus nombreux qu’on ne croit. Voyez : nous
avons un peu creusé dans un village, le nôtre, et des fontaines de poèmes, en vers
ou en prose, ont jailli. C’est pareil ailleurs.
Certes, jamais la nuit ne sera complétement vaincue. Mais de ses beaux phares la
poésie continuera de trouer les ténèbres.

Un petit extrait de notre prochaine édition de nos cahiers du "Groupe d'action poétique" que nous rassemblons chaque jour dans notre petit village de Corrèze!
Vive la poésie!!!!
Avatar de l’utilisateur
Meduse
Messages : 2600
Inscription : 23 nov. 2019, 14:28

Puisque La poésie est venue chez les révoltés, chère @Fleurette, mes petites citations du jour, HS (ou pas) :heart: :
Anda Merini a écrit :J'aime la simplicité qui s'accompagne avec l'humilité. J'aime les gens qui savent sentir le vent sur leurs propres peaux, sentir les arômes des choses, en capturer l'âme. Ceux qui ont la chair en contact avec la chair du monde. Car là il y a la vérité, là il y a la douceur, là il y a la sensibilité, là il y a encore l'amour.
Rosanna Russe a écrit :Nous serons les enfants d'un nouveau printemps, conscients de la fragilité de la vie et de la beauté désarmante des choses simples." -
:bear1:
audrey83
Messages : 131
Inscription : 19 févr. 2022, 14:21

Fleurette a écrit : 22 juin 2022, 23:39 Faire poésie ?

Ce qui est petit est grand

Ne nous racontons pas d’histoires. Fondamentalement, le monde est sans parole. La
poésie doit faire preuve de modestie. Quelques gouttes de pensées, tout au plus. En
face ? Le roc, le réel, la quotidienneté, les salles d’attente à l’hôpital, la langue
profanée, la nature dévastée, l’invasion dégradante de la publicité, l’augmentation
du temps de travail...
Et pourtant...
Poésie ! le pouvoir repris sur soi, pouvoir de se retrouver, de ne pas périr noyé dans
les bavardages, de dire enfin ce qu’il y a à dire, même si c’est à soi seul.
Poésie ! qui permet à des gens qui ne se connaîtront jamais, séparés à cause du
temps ou de l’espace, de se parler comme s’ils se connaissaient depuis toujours.
Poésie ! le chas de l’aiguille par où passe la main tendue, celle du bonjour, celle des
adieux, le minuscule bonheur de vérifier comme nous sommes semblables dans nos
misères, nos regrets, nos joies : nos en-vies. Egaux, aussi, en dignité. Dignité de dire
non au monde tel qu’il va. Refus de la fuite en avant et de la déesse vitesse.
Un beau poème, même le plus sage, le plus discret (celui qu’on garde pour soi) sera
toujours une dissidence. Protestation contre les puissances établies, coup de frein à
la locomotive vide et folle qui nous emmène à la catastrophe... D’où, parfois, pour
les poètes, les interrogatoires pressants, les manuscrits déchirés, l’isolement, les
bannissements, toutes sortes de cellules et de camps infects.
Poésie ! miracle pouvant à tout moment disparaître, sans dommages sérieux infligés
aux astres. Exigeant donc qu’on se batte en sa faveur. Parce que « la poésie est plus
importante qu’on ne croit ». Jacques, mon ami l’a dit. Je le lui accorde bien
volontiers. J’ajoute : les poètes sont plus nombreux qu’on ne croit. Voyez : nous
avons un peu creusé dans un village, le nôtre, et des fontaines de poèmes, en vers
ou en prose, ont jailli. C’est pareil ailleurs.
Certes, jamais la nuit ne sera complétement vaincue. Mais de ses beaux phares la
poésie continuera de trouer les ténèbres.

Un petit extrait de notre prochaine édition de nos cahiers du "Groupe d'action poétique" que nous rassemblons chaque jour dans notre petit village de Corrèze!
Vive la poésie!!!!
j'aime beaucoup ton texte fleurette, il va à l'essentiel , il n'est pas sans rapeller l'insurrection poétique de Jean-Pierre Siméon. Je suis allée voir du côté de l'action poétique (une revue marseillaise connue où se sont croisés pas mal de poètes), je suis tombée sur l'anthologie de Pascal Boulanger intitulée: "une action poétique de 1950 à aujourd'hui", une anthologie que je vais me procurer. N'hésites pas à nous partager d'autre texte de l'action poétique corrézienne, c'est stimulant.

Deux citations de Jean-Pierre Siméon dans son ouvrage "la poésie sauvera le monde":

"" Oui, la poésie c'est la vie même, la vie en intensité, ramenée à son rythme essentiel, celui du souffle et de la scansion du sang, cela seul qui justifie qu'on inventât le vers : quoi d'autre? La veine bat aux tempes du poème. En raison de quoi, tout vrai poème, outre les circonstances de l'époque qui le vit naître, est notre contemporain. Tout vrai poème est contemporain d'un coeur qui bat."""

"""Si je m'efforce à la faveur du Printemps des Poètes, de multiplier les manifestations du poème à l'état brut dans l'espace public,(...) c'est bien donc parce-que je crois que le seul énoncé d'un haiku de Basho ou d'un aphorisme de Char, ruine le bavardage des discours. Je fais mienne cette conviction d'Aimé Césaire: "Je refuse l'antinomie révolution et utopie, praxis et imagination. Je considère que l'action se fait précisément par l'imagination et par le verbe." Quand celui, quiconque parmi nous, qui est confronté quotidiennement à l'omniprésence sans échappatoire du "communiqué" qui organise de façon comminatoire sa lecture du réel (voyez la significative hypertrophie de la prévision météorologique qui fait que l'on regarde l'écran pour se vêtir et non le ciel), quand son oreille est accoutumée à la langue nette et sans bavure des experts en tout genre, quand il entend soudain, celui-là, comme par effraction , la langue du poème, il sait du moins qu'une autre langue est possible, que d'autres représentations du réel sont disponibles. Le vers, si j'ose dire, est déjà dans le fruit du consensus: "la poésie est ce qui n'exige pas d'être compris et qui exige la révolte de l'oreille" disait Aragon. Cette révolte de l'oreille: les prémisses d'un réveil de la conscience.
On me dira que tout geste artistique porte par principe cette objection. C'est vrai mais le poème est le seul, parce-que qu'il est indemne de tout enjeu économique ou distractif. Le poème a aussi cette vertu: il ne demande pour exister publiquement ni infrastructure technique, ni dispositif particulier, ni lieu dédié, ni scénographie dispendieuse. Il ne lui faut que la voix, l'oreille et le silence, (...) bref le poème nu, la petite voix du poème dont parle Francis Dannemark, cela suffit pour provoquer chez tout un chacun, cette chose oubliée, abîmée, dévaluée: l'étonnement. Du Bouchet disait: "la poésie n'est qu'une certaine sorte d'étonnement et les moyens de cet étonnement."""
Répondre
  • Information
  • Qui est en ligne ?

    Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité