Et vous, vous lisez quoi en ce moment ?

Partages sur la littérature, la poésie, ...
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Céline
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Il n'est pas compliqué à trouver et pas super cher non plus (après, tout est relatif : j'adore les livres et n'ai personne à charge, 18€, je trouve ça pas cher pour un livre papier. Au pire, on peut attendre la sortie en poche)
Switchy
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Luame a écrit : 14 janv. 2024, 09:21 Sans faute ! Je commence juste Epaves mais j'y viens ensuite :-)

Pour L'hypothèse K, je n'ai pas de soucis à partager si compliqué de le trouver comme je le proposais plus haut.
Chouette en tout cas que ca t'ait inspirée :)
Je te remercie, je vais commencer par mon entourage, ça me paraît moins compliqué ;)
Je garde l'info en tête si jamais...
Switchy
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Céline a écrit : 14 janv. 2024, 15:42 Il n'est pas compliqué à trouver et pas super cher non plus (après, tout est relatif : j'adore les livres et n'ai personne à charge, 18€, je trouve ça pas cher pour un livre papier. Au pire, on peut attendre la sortie en poche)
C'est un peu un mix d'éco (logie/ nomie)
Je préfère éviter l'accumulation d'objets, autant se dépanner lorsque c'est possible.
D'autant plus que les livres sont les seuls biens dont j'ai du mal à me séparer par la suite.
C'est pour cette raison que je préfère emprunter (collègues, bibliothèque,...)
Et effectivement, si je suis patiente je sais que je le trouverai à la biblio d'ici quelques temps étant donné qu'ils ont déjà ses précédents ouvrages :)
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audrey83
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Je viens de terminer "les infidèles" de Charles Pépin, pas mal de fulgurances dans cette auto-fiction, ce road-movie en pleine nuit.

Quelques extraits:

"Les branleurs du fond ont l'air d'apprécier ce point du cours. Je ne peux les regarder sans revoir celui que j'étais, cette année là, il y a dix ans. J'entrais en terminale et je ne savais pas encore que James Dean, Jimi Hendrix, Jim Morrisson et Janis Joplin étaient tous morts exactement au même âge. Mon âge aujourd'hui. Gainsbourg quittait la scène, tu t'habillais de noir dans les couloirs du lycée Montaigne, partais même quelques jours à Biarritz pour réecouter tous ses disques, bien loin de te douter que la perte d'une Pénélope vivante, un jour, te coûterait plus que celle d'un héros mort, la tristesse de Kurt Cobain commençait à faire du bruit de ce côte-ci de l'atlantique. (....) Lorsque aujourd'hui je me revois au premier jour de ma terminale _le cheveu long déjà il fixe l'objectif, ne connaissant d'autre gêne que celle du soleil dans ses yeux _ j'ai parfois l'impression qu'un autre me sourit. Mais c'était avant que cet épris du verbe et du vin ne m'apprenne ce que méritait le monde. Notre étonnement, au moins".

"Cette voix. Bowie évidemment, cette façon d'inspirer dans le micro, de s'écouter respirer , d'écouter respirer sa tristesse. Le même paradoxe: éloge virtuose de toutes nos défaillances. Bowie mais aussi Freddy Mercury ou même castafiore: car il prend tous les risques, l'outrance, le ridicule et le précieux _on a pas mal de marge lorsqu'on a dépassé avant l'âge de raison les doses prescrites de désir et de manque. Et puis, par moments, une accalmie: la pureté de ces quelques notes isolées, pour dire celle de notre fatigue. Des paroles de Lou Reed me reviennent. Pourtant, Lou Reed, l'emphase retombée, le retour de la ballade. Mais il dit la même chose. Sur Magic and loss. Il ne faisait pas encore de la pub pour des motos japonaises. I need more than faith, can give me now.

Seule la musique me permet de mesurer à ce point l'écart entre ce que je suis et ce que je devrais être. Mais à chaque fois qu'elle me rapelle ainsi à l'évidence de ce grand écart, elle me souffle en même temps qu'il n'est pas de l'ordre de l'infiniment grand. Maintenant nous traçons sur la fille de gauche. Les étoiles s'éteignent les unes après les autres, obéissantes. La voix d'Hawksley Workman se perd dans l'exploration de ses propres limites, puis elle semble regagner son corps, pour s'y faire l'écho de ce qui s'agite dans le nôtre. Je ressens exactement ce que j'ai ressenti ce matin-là, lorsque Basile a monté le volume pour que la chanson de Bowie donne tout mon sens à ma tristesse. Cette réconciliation en moi. Comme si la musique était là pour renouer ce que la vie a défait."

"La vérité c'est qu'il existe une plage, là-bas dans le Sud, où nous rencontriâmes l'idéal. C'était l'été d'après le bac. L'idéal avait les pieds dans le sable. Arthur, Basile et moi. Nous lisions l'Ethique de Spinoza, l'Empire et les nouveaux barbares d'un spécialiste de géopolitique. Ce point de vue sur le tout, cette aspiration à saisir le monde dans sa globalité. Nous résumions des chapitres avant de partir surfer. (...) Les lèvres dans le sel et le nez qui coule, lorsque nous avions passé la barrière de vagues, nous attendions longtemps, corps parallèles, bercés, en évoquant la conversion du sage spinozistes, ces Etats-tampons qui isolaient l'Empire des nouveaux barbares et ces épaules embrassées la nuit même. Dieu, les vagues et le corps des filles. Des "vacances", si l'on veut. Cette mer enflant par vague était un ventre de femme, avec ses cycles, ses plénitudes. (...) C'est cela que nous avons trahi, cette certitude non formulée, la connaissance pouvait avoir une dimension océanique, le plaisir aussi. L'instant ce n'était pas rien, il fallait le remplir d'océan. Nour prenions des notes en marge de l'Ethique mais , effectivement, nous avons oublié de graver sur une feuille à part les engagements pour une vie d'adulte. Peut-être est-ce le temps qui nous a manqué: l'aileron de mon surf a troué la cuisse de Basile, il a été rapatrié à Paris, nous avons été expulsé de l'appartement que nous squattions, je suis rentré à Paris m'occuper de mes parents et Arthur a regagné la propriété familiale."



"
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audrey83
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"Les liens artificiels" de Nathan Devers; ou une dystopie numérique où le "réel est assassiné" selon les termes de l'auteur dans un jeu vidéo ultra immersif, bon développement satirique, peut-être même une lecture pertinente en lycée.

Extraits:

"Dans quelques mois, 1999 s'achèverait. Le Christ fêterait ses deux mille ans. Voilà qu'il renaîtrait, désormais invincible: la révolution 2.0 signalait l'accomplissement de tous les rêves qui, depuis les origines, avaient fait palpiter les sociétés humaines. Pendant des siècles et même des millénaires, ces aspirations s'étaient cristallisées en des religions ou des idéologies. Qu'il s'agit des évangiles ou de platon, de saint thomas ou de marx, la civilisation occidentale n'avait fait que sublimer son désir de paradis. Tantôt ce paradis prenait la forme du monde des idées, tantôt d'un tableau de Michel-ange ou d'une utopie collectiviste. Parfois on l'appelait sagesse, parfois démocratie directe et parfois cité de Dieu. Mais le principe demeurait identique: l'espèce humaine habitait l'univers en essayant par tous les moyens de modifier les conditions de son existence. De génération en génération, elle s'était peu à peu arrogé la place de ses dieux, tâchant d'aller au de-là de la réalité, d'accéder à une autre existence. Surmontant les entraves terrestres, elle se construisait en permanence un monde de substitution: une sorte d'antimonde. Seulement ce que Jean et les penseurs d'hier ne pouvaient pas savoir, c'était que cette apocalypse serait pas l'oeuvre d'une quelconque providence, mais qu'elle émanerait de la programmation informatique. L'écran était le ciel, internet incarnait le Tout-puissant et le numérique déployait la genèse d'une nouvelle histoire. D'ici quelques années, l'antimonde sortirait du néant où il avait germé."

"Moins de deux ans plus tard, quand le coronavirus se répandit sur la surface du globe, Sterner perçut aussitôt le potentiel commercial de cette épidémie. Le 10 mars 2020, il convoqua ses cadres à une réunion urgente. L'italie venait de décréter un confinement sur l'ensemble de son territoire et, comme le précisait l'express, cette mesure était sans précédent dans l'histoire du monde. Jamais aucun pays n'avait édicté de quarantaine à l'échelle nationale. Aussi ému que s'il venait de recevoir le prix nobel, Sterner tirait les conséquences de cette situation: voilà un événement, misait-il à voix haute, qui rebattrait toutes les cartes du jour au lendemain. A présent que l'italie se confinait, ses voisins l'imiteraient tels des dominos. D'ici à trois semaines ou deux mois, l'occident entier serait paralysé, et peut-être le monde. Privés de liens sociaux, s'exaltait Adrien, les individus recourraient en masse aux ordinateurs, non seulement pour se divertir, mais surtout pour poursuivre le cours d'une vie aussi normale que possible. Peu à peu ils s'habitueraient à télétravailler. Ils boiraient des apéros sur facetime, danseraient devant des tutoriels you tube, iraient à l'école zoom, se nourriraient grâce à ubereats. Sans exception, ils deviendraient tous, y compris les plus technophobes, des geeks greffés à leur écran, c'est à dire des anti-humains en germes. Ce changement de moeurs, prophétisait Sterner, jouerait le rôle d'un accélérateur économique formidable: il accentuerait la ruine de tous les secteurs professionnels déjà sur le déclin qui, sans le coup fatal de la crise sanitaire, auraient mis deux ou trois décennies à pérécliter. L'aviation et le cinéma traditionnel, par exemple, ne s'en relèveraient pas, la première sacrifiée sur l'autel du carbone free, le second remplacé par netflix et les sites de streaming. De leur côté, les innovations les plus audacieuces se verraient stimulées, à l'instar des NFT, les fameux jetons non fongibles, ou des casques 3D. Dans ce contexte, l'occasion se présentait enfin de délivrer le métavers aux hommes."

"Et ne pensez-vous pas que les livres inventent à leur manière, une réalité virtuelle? Imaginer des antimondes, n'est- ce pas la définition même de la littérature?"
Switchy
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audrey83 a écrit : 12 mars 2024, 19:38 "Les liens artificiels" de Nathan Devers; ou une dystopie numérique où le "réel est assassiné" selon les termes de l'auteur dans un jeu vidéo ultra immersif, bon développement satirique, peut-être même une lecture pertinente en lycée.
Les extraits m'ont donné envie d'en savoir plus...
Après recherche d'infos complémentaires, il fera partie des prochaines lectures ;)
Peut-être même que je le mettrai dans les mains de mon grand :tongue:
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audrey83
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Switchy a écrit : 14 mars 2024, 07:52
audrey83 a écrit : 12 mars 2024, 19:38 "Les liens artificiels" de Nathan Devers; ou une dystopie numérique où le "réel est assassiné" selon les termes de l'auteur dans un jeu vidéo ultra immersif, bon développement satirique, peut-être même une lecture pertinente en lycée.
Les extraits m'ont donné envie d'en savoir plus...
Après recherche d'infos complémentaires, il fera partie des prochaines lectures ;)
Peut-être même que je le mettrai dans les mains de mon grand :tongue:
Ce Devers, un digne héritier d'Orwell! """"Le cercle vicieux d'une génération qui se connecte à tout, excepté la vie.""" comme le résume l'auteur au dos de la couverture. Bonne lecture
Switchy
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audrey83 a écrit : 14 mars 2024, 19:08
Ce Devers, un digne héritier d'Orwell! """"Le cercle vicieux d'une génération qui se connecte à tout, excepté la vie.""" comme le résume l'auteur au dos de la couverture. Bonne lecture
Merci :-)
Orwell je connaissais pas avant que tu le cites...
Donc je suis allée me renseigner (merci Google).
A voir si 1984 s'ajoutera à la suite des prochaines lectures...
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audrey83
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Switchy a écrit : 14 mars 2024, 23:26
audrey83 a écrit : 14 mars 2024, 19:08
Ce Devers, un digne héritier d'Orwell! """"Le cercle vicieux d'une génération qui se connecte à tout, excepté la vie.""" comme le résume l'auteur au dos de la couverture. Bonne lecture
Merci :-)
Orwell je connaissais pas avant que tu le cites...
Donc je suis allée me renseigner (merci Google).
A voir si 1984 s'ajoutera à la suite des prochaines lectures...
ah ben à choisir mieux vaut commencer par 1984 (écrit en 1949)! C'est vrai qu'une fois qu'on l'a lu, on le considère comme culte, et on a l'impression que c'est ultra connu, mais perso je crois que je l'ai connu sur le tard aussi orwell, y a une petite dizaine d'année, un livre que l'on m'a offert.

Allez je vais chercher dans mes archives pour copier coller l'extrait phare du livre selon moi, extrait sur le dictionnaire retravaillé (chapitre 5), c'est la bonne parole :), la bible du linguiste :), et cela nous rappelle que les poètes sont des soldats littéraires, que le langage et son utilisation est tout sauf anodin, le terme de novlangue vient de ce livre, on pourrait par analogie l'assimiler à l'anglais qui mange toutes les autres langues, mais aussi à la langue de bois, à la langue du marketing etc :

"""""""""Comment va le dictionnaire ? demanda Winston en élevant la voix pour dominer le bruit.

– Lentement, répondit Syme. J’en suis aux adjectifs. C’est fascinant.

Le visage de Syme s’était immédiatement éclairé au seul mot de dictionnaire. Il poussa de côté le récipient qui avait contenu le ragoût, prit d’une main délicate son quignon de pain, de l’autre son fromage et se pencha au-dessus de la table pour se faire entendre sans crier.

– La onzième édition est l’édition définitive, dit-il. Nous donnons au novlangue sa forme finale, celle qu’il aura quand personne ne parlera plus une autre langue. Quand nous aurons terminé, les gens comme vous devront le réapprendre entièrement.

Vous croyez, n’est-ce pas, que notre travail principal est d’inventer des mots nouveaux ? Pas du tout ! Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines de mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os. La onzième édition ne renfermera pas un seul mot qui puisse vieillir avant l’année 2050.

Il mordit dans son pain avec appétit, avala deux bouchées, puis continua à parler avec une sorte de pédantisme passionné. Son mince visage brun s’était animé, ses yeux avaient perdu leur expression moqueuse et étaient devenus rêveurs.

– C’est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c’est dans les verbes et les adjectifs qu’il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d’exister y a-t-il pour un mot qui n’est que le contraire d’un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu’il est l’opposé exact de bon, ce que n’est pas l’autre mot. Et si l’on désire un mot plus fort que « bon », quel sens y a-t-il à avoir toute une chaîne de mots vagues et inutiles comme « excellent », « splendide » et tout le reste ? « Plusbon » englobe le sens de tous ces mots, et, si l’on veut un mot encore plus fort, il y a « double-plusbon ». Naturellement, nous employons déjà ces formes, mais dans la version définitive du novlangue, il n’y aura plus rien d’autre. En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera couverte par six mots seulement, en réalité un seul mot. Voyez-vous, Winston, l’originalité de cela ? Naturellement, ajouta-t-il après coup, l’idée vient de Big Brother.

Au nom de Big Brother, une sorte d’ardeur froide flotta sur le visage de Winston. Syme, néanmoins, perçut immédiatement un certain manque d’enthousiasme.

– Vous n’appréciez pas réellement le novlangue, Winston, dit-il presque tristement. Même quand vous écrivez, vous pensez en ancilangue. J’ai lu quelques-uns des articles que vous écrivez parfois dans le Times. Ils sont assez bons, mais ce sont des traductions. Au fond, vous auriez préféré rester fidèle à l’ancien langage, à son imprécision et ses nuances inutiles. Vous ne saisissez pas la beauté qu’il y a dans la destruction des mots. Savez-vous que le novlangue est la seule langue dont le vocabulaire diminue chaque année ?

Winston l’ignorait, naturellement. Il sourit avec sympathie, du moins il l’espérait, car il n’osait se risquer à parler.

Syme prit une autre bouchée de pain noir, la mâcha rapidement et continua :

– Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. Déjà, dans la onzième édition, nous ne sommes pas loin de ce résultat. Mais le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts. Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n’y a plus, dès maintenant, c’est certain, d’excuse ou de raison au crime par la pensée. C’est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte. La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. Le novlangue est l’angsoc et l’angsoc est le novlangue, ajouta-t-il avec une sorte de satisfaction mystique. Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu’en l’année 2050, au plus tard, il n’y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ?"

et le livre en entier :) est là

Switchy
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Je te remercie pour tout Audrey :-D
Je vais suivre tes conseils et commencerai par 1984.
Livre audio à tenter mais je ne suis pas sure d'accrocher... sinon je me rabattrai sur l'exemplaire de la médiathèque...
Affaire à suivre ;)
Switchy
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Dernier livre du lot emprunté à la médiathèque.
Il m'a souvent ému aux larmes...

Je vais pouvoir me pencher sur 1984
Pièces jointes
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Luame
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Je te reviens enfin sur Humanité de Bregman Switchy.

Frédéric Delavier me disait ce matin ( je persiste dans la confusion ... ) que la religion a structuré les relations de groupe et que sans elle, ce serait le chaos.
Peu de temps avant, Mister Renard évoquait la soumission paresseuse dans laquelle l'être humain peut se réfugier ( désolé de t'utiliser ainsi en guise d'introduction et d'avoir en plus transformer ton propos :happy7: mais je suis preneur si tu veux qu'on développe )
Enfin toujours ce matin, à la radio, j'entends cet interlocuteur évoquer le mal absolu présent en nous, contrairement aux animaux.

Quid donc de cette nature humaine ? Bregman m'en a, en effet, présenté une tout autre lecture et j'ai aimé m'y raccrocher.
Je crois aussi qu'hors contexte, un être humain tendra la main à celui qui est à terre donc je partais plutôt convaincu.
Mais ca reste une lecture. Difficile de trancher quand les intervenants extérieurs et les interpretations sont si présents. Je garde donc un doute.

Son livre m'a, par contre, fortement fait pensé à La Stratégie du choc de Naomi Klein, appliqué au cerveau et je le rejoins sans hésitation sur cet étalage d'horreurs, violences et conneries tendant à montrer que nous sommes les derniers des cons si on nous laisse libre. Et hop, on passe dans la foulée de nouvelles petites règles et hiérarchies censées nous préserver de nous-mêmes.

Verdict, est-ce qu'on est bon ? Je ne sais pas .... Est-ce qu'on serait aussi mauvais qu'on nous le montre ? Je ne crois pas.

Et si l'essentiel n'était pas dans la nature originelle mais dans ce qu'on en fait ?
Nature mauvaise ? Je lutterai contre mes p'tits instincts
Etat & religion nous sont nécessaires ? Je continuerai à m'en écarter
Des hommes à terre ? Je ne leur mettrai pas de coups de pied

Au-délà de notre nature ou d'où l'on vient.... A quoi aspire-t-on ?

Une bien agréable lecture en tout cas, merci et je la recommande aussi à ceux qui désésperent de l'être humain ou tout simplement que ce sujet intéresse :)
Switchy
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Luame a écrit : 16 avr. 2024, 16:02 Je te reviens enfin sur Humanité de Bregman Switchy.

Frédéric Delavier me disait ce matin ( je persiste dans la confusion ... ) que la religion a structuré les relations de groupe et que sans elle, ce serait le chaos.
Peu de temps avant, Mister Renard évoquait la soumission paresseuse dans laquelle l'être humain peut se réfugier ( désolé de t'utiliser ainsi en guise d'introduction et d'avoir en plus transformer ton propos :happy7: mais je suis preneur si tu veux qu'on développe )
Enfin toujours ce matin, à la radio, j'entends cet interlocuteur évoquer le mal absolu présent en nous, contrairement aux animaux.

Quid donc de cette nature humaine ? Bregman m'en a, en effet, présenté une tout autre lecture et j'ai aimé m'y raccrocher.
Je crois aussi qu'hors contexte, un être humain tendra la main à celui qui est à terre donc je partais plutôt convaincu.
Mais ca reste une lecture. Difficile de trancher quand les intervenants extérieurs et les interpretations sont si présents. Je garde donc un doute.

Son livre m'a, par contre, fortement fait pensé à La Stratégie du choc de Naomi Klein, appliqué au cerveau et je le rejoins sans hésitation sur cet étalage d'horreurs, violences et conneries tendant à montrer que nous sommes les derniers des cons si on nous laisse libre. Et hop, on passe dans la foulée de nouvelles petites règles et hiérarchies censées nous préserver de nous-mêmes.

Verdict, est-ce qu'on est bon ? Je ne sais pas .... Est-ce qu'on serait aussi mauvais qu'on nous le montre ? Je ne crois pas.

Et si l'essentiel n'était pas dans la nature originelle mais dans ce qu'on en fait ?
Nature mauvaise ? Je lutterai contre mes p'tits instincts
Etat & religion nous sont nécessaires ? Je continuerai à m'en écarter
Des hommes à terre ? Je ne leur mettrai pas de coups de pied

Au-délà de notre nature ou d'où l'on vient.... A quoi aspire-t-on ?

Une bien agréable lecture en tout cas, merci et je la recommande aussi à ceux qui désésperent de l'être humain ou tout simplement que ce sujet intéresse :)
Merci pour ton retour : Il me donne matière à réflexion et cest ce que je souhaitais :)
A mon tour d'avoir besoin de temps pour répondre.

Ça fuse de tous les côtés là haut, je vais avoir besoin d'écrire un peu (à l'ancienne)  pour mettre de l'ordre dans mes idées... :bang:
Je t'apporte ma réponse dès que je réussi à synthétiser ;)

[*]"La stratégie du choc", je ne connais pas. C'est un livre de plus à ajouter sur ma liste.. [*]
Luame
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Livre clé effectivement. Tu noteras par contre qu'il n'y a pas optimiste dans le titre :sad2: Si Bregman contrebalance ses chapitres, ce n'est pas le cas ici dans mon souvenir ... et la rage peut vite monter :roll:

Je resterais sur 1984 dans un premier temps, par appétence pour la SF. Même si la réalité s'en rapproche parfois dangereusement ...

https://www.babelio.com/livres/Klein-La ... sme-/67502

Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantánamo – aujourd’hui ?
Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un “capitalisme du désastre”.
Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme toutpuissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.
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audrey83
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Luame a écrit : 16 avr. 2024, 16:02 Je te reviens enfin sur Humanité de Bregman Switchy.

Frédéric Delavier me disait ce matin ( je persiste dans la confusion ... ) que la religion a structuré les relations de groupe et que sans elle, ce serait le chaos.
Attention au citation approximative :), Delavier ne nous dit pas que sans les religions ce serait le chaos, il dit que sans les religions, ce serait pire...nuance :). En gros il dit que les guerres de religions ne sont que des prétextes, ce qui sous-tend en réalité les guerres sont de l'ordre du conflit énergétique, ici les religions ne sont bien souvent que l'arbre qui cache la forêt et d'une. Et de deux, il dit que chaque religion constitue un système de régulation sociale et octroie une conscience morale collective, et que sans ces systèmes de régulation, cela serait non seulement le chaos mais pire en fait. En psychanalyse on a le moi, le ça, et le surmoi, perso je pense que les religions injectent du surmoi dans les cerveaux, comme une sorte de garde -fou. Et quoiqu'on en dise, un enterrement religieux vaut toujours mieux qu'un enterrement profane, enfin je trouve. On aimerait qu'un dieu existe sans tous les carcans dogmatiques...

D'où ma lecture du moment de Nathan Devers encore :):

"Penser contre soi-même", l'idée étant de s'affranchir de ses déterminismes identitaires de naissance, Nathan dit ceci: "si j'étais né dans un autre pays, une autre époque, je ne penserai pas de la même manière, je n'aurai pas la même religion etc", dit comme ça, ça semble enfoncer une porte ouverte, ceci-dit en creusant, c'est tellement pertinent! Nathan voulait être rabbin, et il a découvert la philosophie et de fait, a perdu la foi, ce qui m'est arrivé également en terminale. La rencontre avec la philosophie fait tourner le dos à la religion bien souvent, mais néanmoins on garde toujours de l'affection pour ce monde là.
Luame
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Merci pour la correction, la mise en garde et les explications :-)

Je lui accorde une deuxième écoute sur le chemin du retour et je me penche sur ton post à tête reposée :)

Mais je crois que ce serait pas mal que j'arrête d'ajouter de la confusion à la confusion dans tous les cas :angel1:
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