
Florilège de citations:
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"Un hapax, un de ces astres qui n'apparaissent qu'une fois dans le ciel d'une littérature"
"Mais, par-dessus tout, ce qui m'avait lié à lui était la même foi désespérée qu'on plaçait dans l'entéléchie de la vie qu'incarnait pour nous la littérature. Nous ne pensions pas du tout qu'elle sauverait le monde; nous pensions en revanche qu'elle était le seul moyen de ne pas s'en sauver."
"J'écrivais, quoi qu'elle pensât, pour trouver la dernière route de l'innocence sur terre."
"Quelle est donc cette patrie ? Tu la connais : c’est évidemment la patrie des livres : les livres lus et aimés, les livres lus et honnis, les livres qu'on rêve d'écrire, les livres insignifiants qu'on a oubliés et dont on ne sait même si on les a ouverts un jour, les livres qu’on prétend avoir lus, les livres qu’on ne lira jamais mais dont on ne se séparerait non plus pour rien au monde, les livres qui attendent leur heure dans une nuit patiente, avant le crépuscule éblouissant des lectures de l’aube. Oui, disais-je, oui: je serai citoyenne de cette patrie-là, je ferai allègeance à ce royaume, le royaume de la bibliothèque."
"Ce qu'on cherche, mon vieux Journal, n'est peut-être jamais la vérité comme révélation mais la vérité comme possibilité, lueur au fond de la mine où nous creusons toujours sans lampe frontale. Ce que je poursuis, c'est l'intensité d'un rêve, le feu d'une illusion, la passion du possible. Qu'y a-t-il au bout de la mine ? Encore de la mine : gigantesque muraille de houille, et notre hache, et nos cognées, et notre han. Voilà l'or."
"Mais, par-dessus tout, ce qui m'avait lié à lui était la même foi désespérée qu'on plaçait dans l'entéléchie de la vie qu'incarnait pour nous la littérature. Nous ne pensions pas du tout qu'elle sauverait le monde; nous pensions en revanche qu'elle était le seul moyen de ne pas s'en sauver."
"J'écrivais, quoi qu'elle pensât, pour trouver la dernière route de l'innocence sur terre."
"Quelle est donc cette patrie ? Tu la connais : c’est évidemment la patrie des livres : les livres lus et aimés, les livres lus et honnis, les livres qu'on rêve d'écrire, les livres insignifiants qu'on a oubliés et dont on ne sait même si on les a ouverts un jour, les livres qu’on prétend avoir lus, les livres qu’on ne lira jamais mais dont on ne se séparerait non plus pour rien au monde, les livres qui attendent leur heure dans une nuit patiente, avant le crépuscule éblouissant des lectures de l’aube. Oui, disais-je, oui: je serai citoyenne de cette patrie-là, je ferai allègeance à ce royaume, le royaume de la bibliothèque."

"Ce qu'on cherche, mon vieux Journal, n'est peut-être jamais la vérité comme révélation mais la vérité comme possibilité, lueur au fond de la mine où nous creusons toujours sans lampe frontale. Ce que je poursuis, c'est l'intensité d'un rêve, le feu d'une illusion, la passion du possible. Qu'y a-t-il au bout de la mine ? Encore de la mine : gigantesque muraille de houille, et notre hache, et nos cognées, et notre han. Voilà l'or."
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""Un temps la Critique accompagne l'Oeuvre, ensuite la Critique s'évanouit et ce sont les Lecteurs qui l'accompagnent. Le voyage peut être long ou court. Ensuite les Lecteurs meurent un par un et l'Oeuvre poursuit sa route seule, même si une autre Critique et d'autres Lecteurs peu à peu s'adaptent à l'allure de son cinglage. Ensuite la Critique meurt encore une fois et les Lecteurs meurent encore une fois et sur cette piste d'ossements l'Oeuvre poursuit son voyage vers la solitude. S'approcher d'elle, naviguer dans son sillage est signe indiscutable de mort certaine, mais une autre Critique et d'autres Lecteurs s'en approchent, infatigables et implacables et le temps et la vitesse les dévorent. Finalement l'Oeuvre voyage irrémédiablement seule dans l'Immensité. Et un jour l'Oeuvre meurt, comme meurent toutes les choses, comme le Soleil s'éteindra, et la Terre, et le Système solaire et la Galaxie, et la plus secrète mémoire des hommes.""


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